DIMANCHE 24 FEVRIER 2008
Culte célébré en direct de l’Église évangélique libre de Valence (Drôme)
Prédication : Jean-Pierre Civelli, pasteur
Lectures bibliques :
Évangile selon Matthieu, chapitre 13, verset 44
Évangile selon Matthieu, chapitre 19, versets 16 à 26
UNE ÉGLISE OUVERTE… UN CŒUR OUVERT
Une église ouverte, un monde ouvert : pour que cette idée ne reste pas illusoire, nous devons aller plus loin que le domaine du « raisonnable »… C’est ce que nous allons voir avec nos deux textes !
1. UN TRÉSOR CACHÉ… UN HOMME PERDU
Le premier passage -qui nous parle de cet homme qui trouve un trésor- semble optimiste à l’excès, pendant que le second -qui nous parle de ce jeune homme riche qui demande à Jésus ce qui lui manque- peut paraître bien fataliste… Mais à y réfléchir de près, nos existences ne passent-elles pas, bien souvent, de cet optimisme excessif à ce pessimisme cruel ?
1. Révélé / Caché ?
Le jeune homme riche cherche autre chose dans sa vie, pendant que l’homme de la parabole trouve un trésor - qu’il n’a pas vraiment cherché - qui change sa vie. Chacun semble avoir perdu d’un côté ce qu’il a gagné de l’autre : l’un garde ses biens et repart triste; l’autre les vend et repart heureux. Les deux situations nous inquiètent !
Ce paradoxe humain est décrit ainsi dans une prière de Jésus : « Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d'avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l'avoir révélé aux tout-petits. » (Matthieu 11 : 25b)
2. Le vrai trésor est intérieur
C’est au fond de l’humain, loin des apparences que se situe le trésor : au-delà de l’image que nous avons de nous-mêmes ou des autres, Jésus nous demande de le laisser nous révéler notre vraie richesse intérieure !
Notre cœur représente ce lieu caché que Jésus désire investir. Le monde ne changera pas par la bonne volonté des juges, des riches ou des politiques… des autres. C’est de l’intérieur que les choses changent. C’est une fois que tous les artifices sont ôtés, dans une relation cœur à cœur avec le Christ, que nous pouvons enfin vendre tout le reste pour racheter l’essentiel : le terrain de notre cœur, le trésor de sa présence. Jésus le dit ailleurs de manière encore plus lapidaire : « Là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur. » (Matthieu 6 : 21)
Toutes les paraboles du Royaume de Dieu cherchent à atteindre notre conscience au-delà de nos résistances affectives et de nos peurs légitimes : nous sentons bien que nos vies ne sont pas ce qu’elles pourraient être. En filigrane, la question qui se pose toujours est la suivante : ma vie peut-elle être « rachetée » ?
Trop souvent, nous vivons dans cette rupture entre notre intériorité et notre apparence et la conséquence immédiate se fait sentir : nous n’avons plus de temps à accorder ni aux autres, ni à Dieu ! Nous ne croyons non seulement plus en Dieu mais guère plus en notre existence : nous nous sommes littéralement « perdus » !
2. UNE HISTOIRE INFINIE… OU IN-DÉFINIE
1. Mission Impossible
L’histoire du jeune homme riche représente le véritable contrepoint de notre parabole (Matthieu 19 :16ss). Son impossibilité de répondre à la provocation de Jésus : « va, vends ce que tu as et suis-moi » rappelle aux disciples, à l’église, à chacun d’entre nous, notre propre difficulté à renoncer à ces biens si chers qui nous interdisent de changer… de chair, c’est-à-dire notre manière d’être au monde. Comment faire autrement ?
Notre existence est ainsi remplie à la fois de regrets et d’illusions… Si seulement nous avions le courage…
Pourtant Jésus nous aime encore, dans cette situation de frustration, comme il a aimé ce jeune homme, même une fois parti. Dans ce temps précis de déception, il dit à chacun : à l’homme c’est impossible, mais pas à Dieu. Le trésor de sa grâce consiste à nous délivrer de tout ce qui nous empêche de nous « convertir »… même si c’était la culpabilité.
2. Il est devenu raisonnable de ne plus l’être !
Vendre TOUT pour avoir CE trésor ne représente pas un idéal inaccessible : cette pratique de l’église primitive, mais aussi d’églises émergentes d’hier et d’aujourd’hui, nous parle d’une alternative que le Seigneur rend possible : par lui, nous pouvons renoncer à tout ce qui nous empêche d’accueillir ceux que le Seigneur appelle : c’est eux le terrain que nous devons racheter !
Même si nous devons vendre nos traditions, notre « pensée unique », notre morale pour cela, nous voulons garder ce trésor tout aussi important que « notre liberté de penser » : l’Amour de Dieu pour chacun et donc aussi pour les autres ! Entre mission et obstination, l’église doit choisir clairement la Mission que Jésus lui confie : vendre pour aller…
Entre cet élan joyeux provoqué par la Grâce de Dieu et le réalisme de ce jeune homme - certes sincère mais triste - il y a à la fois ce trou, symbole de nos manques … et ce trésor : symbole du St Esprit qui nous rachète et nous envoie !
Finalement, ce jeune homme riche qui est reparti tout triste, a pu devenir, plus tard, l’homme qui a trouvé un trésor : Jésus est venu porter notre poids de culpabilité, de frustration, de médiocrité, de tristesse. Le chameau, qu’il soit humain ou église, pourra bien passer ce cap, même s’il s’agit du trou d’une aiguille.
Conclusion
C’est l’amour de Jésus pour ce jeune homme, pour toi et pour moi, qui nous donnera le désir, l’énergie de vivre l’essentiel : la présence de Dieu pour les humains. Allons désormais, dans la joie, annoncer cette bonne nouvelle !
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Pasteurs :
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André Courtial