Luc 6 v 45 L’homme tire des bonnes et des mauvaises choses de son trésor.
Luc 16 v 13 Nul ne sert deux maîtres.
Héb 4 v 7 Aujourd’hui est un nouveau jour.
Prologue de Jean La parole qui s’incarne.
Rom 12 Engagement total, c’est notre culte raisonnable.
Quand Dieu se révèle, qui parle ?
L’incrédule répond sans aucune hésitation : c’est le religieux, celui qui entend par une démarche hors du raisonnable s’aliéner ses auditeurs. Dans cette certitude il y a une contradiction. On ne croit pas en Dieu mais on est convaincu qu’en se référant à Dieu on va disposer d’une force, d’une aura surnaturelle.
Quand Dieu se révèle à qui parle t-il ?
Cette question est importante et on répondra presque sans hésiter il parle à mon coeur.
Jusque là tout va bien mais quand on cherche à définir le coeur les choses se compliquent.
L’un dira : le coeur c’est mes sentiments, Dieu me parle de son amour pour moi et il sollicite le mien en retour.
L’autre dira : le coeur de mon être c’est mon intelligence et un troisième dira : c’est l’ensemble de mes facultés il parle à ma raison, à mon intelligence mais aussi à mes sentiments qui sont soumis à mon intelligence.
Tout cela est vrai et c’est justement quand on va se pencher sur ce qu’est l’amour qu’on va y voir un peu plus clair. L’amour n’est pas qu’un sentiment. Un sentiment ne se commande pas et Dieu nous ordonne de nous aimer les uns les autres. L’amour est donc plus : c’est une tournure d’esprit, c’est plus une volonté qu’un sentiment.
Quand Dieu parle à notre intelligence où se situe l’opposition révélation : raison ?
Quand Dieu parle, c’est notre intelligence qui prend position. Se pose alors la question : par rapport à quoi notre intelligence va t-elle se positionner ? Obligatoirement par rapport à un autre possible.
Et quand il s’agit de Dieu l’autre possible est un autre à priori, un autre Dieu quel que soit le nom que je lui donne.
L’athée dit : le hasard a fait que je suis sur cette terre. Le hasard devient alors un Dieu qui va comme tous les dieux de ce monde exiger des sacrifices.
Si je suis là par hasard où vais-je chercher du sens ? Le hasard est un Dieu qui exige que nous lui sacrifions le sens de la vie.
Quand Dieu se révèle, c’est la raison, la part consciente et responsable de toute personne qui va choisir et ce choix sera du domaine du religieux On ne peut refuser Dieu qu’au nom d’une autre religion.
Le débat entre “révélation” et “raison” se transforme en une confrontation de la révélation de Dieu face à une autre religion. Si j’admets que la révélation est déraisonnable c’est au nom d’autre déraison que je vais la rejeter.
Dieu ou Mammon !
Jésus n’hésite pas à entrer dans le débat. Vous ne pouvez servir deux maîtres Dieu et Mammon. Il dit cela à des juifs pour qui la richesse est signe de bénédiction divine.
Jésus nous fait choisir entre Dieu et la bénédiction de Dieu. Vous pouvez dit Jésus ne choisir Dieu que pour lui-même.
Que comprendre ?
Simplement que Dieu se révèle en dehors de toute forme de religion et en particulier quand c’est la raison qui est notre religion.
La raison peut être une religion tout aussi déraisonnable que les autres.
C’est en étant rempli de cela que nous allons pouvoir aborder nos contemporains qui sont tous dominés par des liens religieux. Quand le monde s’est penché sur le phénomène des sectes il a vite compris que toute démarche qui engage : politique, idéologique ou autre est dans son essence religieuse.
Il nous faut aussi comprendre que quoi que nous fassions nous conserverons jusqu’à notre mort des liens religieux. Et c’est en étant pleins de cette réalité que nous allons pouvoir aller vers l’autre.
Revenons à l’évangile
Il y a deux textes qui dominent le nouveau testament, les premiers versets de l’Evangile de Jean et le début du chapitre 12 de la lettre de Paul aux Romains.
Dans le premier Dieu se donne en Jésus. C’est la personne et la parole de Dieu qui s’incarnent.
Dans le deuxième l’apôtre déclare que la seule réponse raisonnable de l’homme est de se donner à son tour. Offrir son corps en sacrifice vivant, là se situe un culte raisonnable
L’ultime parole
Il y a une parole de Dieu qui domine tout l’ancien testament et l’ensemble de la révélation c’est : Tu n’auras qu’un seul Dieu, Moi l’Eternel.
C’est en croisant ces deux aspects que nous allons trouver le fondement de notre évangélisation. En allant vers notre contemporain nous allons provoquer le choc de deux religions dans un seul but celui de vouloir laisser nos religions réciproques pour aller vers Dieu, vouloir ensemble rencontrer Dieu.
L’évangélisation de Dieu
Dans les évangiles Jésus va vers la Samaritaine et lui dit : donne moi à boire. Jésus avait soif.
Dans le livre de Job Dieu dit à Job : enseigne-moi. J’ai besoin dit Dieu à Job que tu m’enseignes le sens de la souffrance.
Le dialogue avec notre contemporain quittera le terrain de la condescendance, de l’erreur face à la vérité pour entrer dans un cheminement commun. Nous allons faire un bout de chemin ensemble au cours duquel chacun va aider l’autre à se débarrasser de ce qui l’encombre : tourner le dos à ses fausses religions ce qui constitue une excellente définition de la repentance.
C’est à la croix que Dieu a rejoint l’homme dans sa souffrance.
C’est dans un baptême commun de la repentance que nous allons rencontrer une nouvelle fraternité.
Aujourd’hui si tu entends ma voix....
Communiquer l’évangile dans un monde religieux
Trouver Dieu c’est trouver le vrai.
La vérité ne part pas de ma raison repliée sur elle même mais d’un choix et d’un choix qui engage Je Te reconnais comme la Vérité Toi qui es la Vie.
En parlant à l’autre, nous allons buter sur notre propre expérience mais notre expérience n’est pas le chemin. Jésus est le chemin.
Communiquer l’évangile ne fera pas l’économie du Saint Esprit, parce que très vite se posera la question : Pourquoi est ce que je crois et l’autre pas ?
Si je crois c’est parce qu’il ya un témoin qui m’a parlé de Dieu soit en parole soit en actes. Cette parole nous a révélé à nous mêmes. Cette révélation c’est que nous sommes enfermés dans notre religion. Religion de la raison, comme la religion de l’incrédulité ou comme la religion de notre foi, la religion de vouloir avoir raison.
Quelqu’un nous a montré que vouloir rencontrer Dieu c’est accepter d’être délivré de soi-même.
Pierres vivantes, nous formons les murs de l’église, accueillir l’autre c’est le mur qui se transforme en porte.
Il faut pour cela que l’église cesse de s’occuper de ce qui n’est pas son problème et désigner le bien et le mal n’est pas son problème, c’est celui du Saint Esprit.
Comment mieux intégrer cette dimension dans notre vie d’église ?
Le Saint Esprit veut nous utiliser, pour cela nous devons abandonner l’idée d’utiliser le Saint Esprit.
A la question de savoir où se situe le véritable rôle de la raison la réponse est à la fois simple et complexe.
Ce que nous avons à donner ce n’est pas notre raisonnement mais la parole de Dieu. Et la parole de Dieu passera par notre témoignage. Nous aurons toujours à témoigner du Dieu que nous servons.
Le rôle de notre raison ou de notre volonté, de notre intelligence résidera dans le choix du Dieu que nous voulons servir. C’est quand nous aurons fait du don de notre corps le choix de notre culte que la parole de Dieu passera par nous.
Alors la pierre vivante que nous sommes deviendra trou. Le trou par lequel la parole de Dieu passera à travers duquel l’action puissante du Saint Esprit se fera.
Quel culte choisissons nous pour notre église ?
Une conséquence directe dans notre vie d’église est que ce culte auquel nous appelle Rom 12 s’étend à l’ensemble des activités de l’église et ne se limité pas au dimanche matin. Il nécessitera notre engagement et notre disponibilité. L’église elle même n’en fixera pas les limites. Ce sera l’ensemble de notre existence qui sera concerné. Ce culte mobilisera l’ensemble de nos compétences, cognitives, volitives, affectives ....
Dans notre vie professionnelle, affective, dans nos loisirs, nous sommes en plein culte !
Le Saint Esprit nous accompagne Jean 15 v 9...
Dieu nous envoie mais il nous accompagne de sa présence pour nous guider, nous inspirer, nous rendre efficace... Même si le terrain n’est pas favorable, et il ne l’est pas.
L’amour de Dieu pour et en Jésus fonde notre amour pour les hommes. 1 Co 13
Sans cet amour, nos arguments ne peuvent convaincre personne : l’amour est ce qui rend efficace la doctrine biblique, le projet de Dieu pour les humains.
Cet amour ne correspond pas à notre “sensibilité” mais à la motivation et à la mission concrète qui nous fait renoncer à nos projets pour les siens .... Il prend à contre pied à la fois l’organisation technique et économique d’une cité et à la fois le sentiment romantique, fusionnel et replié sur soi.
L’amour de Dieu est à la fois personnel et ouvert sur l’autre.
L’amour de Dieu correspond à son identité profonde : Dieu est Amour 1 Jean
Cet amour correspond à la fois à sa liberté, sa folie et sa grandeur.
C’est le lien de ces quatre dimensions : présence du Christ, engagement, inspiration et communication ... de l’amour de Dieu, chacune séparément et les 4 prises ensemble, qui nous permet de sortir de la dispute religieuse.
Dès que nous sortons de cette dépendance effective et affective, nous tombons dans la polémique stérile.
Parole de Dieu et engagement personnel
Qu’est ce qui va toucher celui qui ne croit pas encore : dire “Dieu t’aime” ou “je t’aime” ?
On se pose la question de savoir si à cause de mon imperfection nous devons nous retrancher derrière la parole de Dieu en pensant que nous ne sommes pas indispensables et qu’il vaut mieux “limiter notre témoignage”.
Si Dieu n’a pas besoin de nous pour adresser sa parole c’est notre vis à vis qui a besoin de nous. Il n’a pas besoin de notre parole il a besoin de notre engagement. C’est notre engagement vis à vis de Dieu et surtout vis à vis de lui même qui lui donnera la confiance qui lui manque encore pour croire Dieu.
De là à conclure que dire l’évangile à tort et à travers il n’y a qu’un pas. Plutôt que le contre témoignage de l’indifférence il vaudrait peut-être mieux laisser crier les pierres. Mais aucune pierre ne pourra remplacer le coeur d’un ami.
Dernière idée : plutôt que de limiter notre témoignage on peut se demander s’il ne vaudrait pas mieux limiter le nombre de personnes à qui on veut témoigner.
On pourrait remarquer que Philippe n’a pas fait preuve d’un engagement particulier vis à vis de l’eunuque de la Reine de Candace. Le coeur de ce dernier était déjà touché, rien ne l’empêchait d’être baptisé. Il avait besoin d’être enseigné. La personne du pasteur doit disparaître derrière Celui qui nous enseigne. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le pasteur, l’enseignant portait une robe noire pour que l’homme disparaisse derrière la fonction.
Nous sommes en présence d’un autre ministère qui pourrait faire l’objet d’une autre étude.
L’homme tire des bonnes et des mauvaises choses de son trésor. Le trésor de sa personne.
Eglise Evangélique Libre de Valence
39, rue Alphonse Daudet
26000 Valence
Pasteurs :
Jean-Pierre Civelli
André Courtial