Généralités
L’ordre social est un rapport juste entre les différentes couches de la société. A l’opposé de l’ordre public qui est imposé d’en haut l’ordre social vient de l’intérieur.
De l’ordre social dépend la paix sociale. L’affrontement idéologique et religieux trouble la paix d’où la tentation de mettre de côté religion et politique. Or cette politique dont le seul but est d’éviter de faire des vagues, interdit au nom de la paix d’aborder l’essentiel.
Le monde est en perpétuelle évolution, d’une situation où les luttes tribales faisaient partie de l’ordre social on en appelle progressivement à un ordre social de paix.
L’évangile au sens le plus général de la révélation divine ne peut concevoir un ordre sans la paix, et Jérémie dénonce les fausses assurances que professe un pouvoir injuste “Ils pensent à la légère les plaies de mon peuple. Paix, paix disent il et il n’y a pas de paix.” Il n’y aura pas de paix sans justice sociale. Il en appellera à un germe juste pour instaurer un nouvel ordre social et ramener la sécurité dans Jérusalem.
Un évangile qui ramène la paix mais aussi un évangile qui bouleverse l’ordre établi.
Il faut prendre conscience qu’un mort qui ressuscite bouleverse l’ordre social et vient mettre l’épée là où la paix entraîne le compromis.
En fait l’évangile ne donne pas la priorité à l’ordre social mais plutôt à la justice sociale. Or l’ordre social n’entraîne pas systématiquement la justice sociale. De toute manière l’évangile séparé de la loi de Moïse ne pourrait pas servir de code de justice dans un pays.
Ce qui pose problème c’est l’amour ou du moins une conception de l’amour différenciée de la loi. On peut se poser la question d’une société dirigée par des chrétiens. Mais les exemples pas toujours heureux ont été inspirés par une idéologie chrétienne pas nécessairement fondée sur l’évangile.
La Bible fournit des exemples où Dieu se sert de personnes qui ne se réfèrent pas à Lui pour aller là où Il veut. Il y a entre la loi de Dieu et “les droits de l’homme” qui ne se réclament pas de Dieu une complémentarité qui interpelle, bien qu’on perçoive aussi un antagonisme : se faire un code sans Dieu.
En quoi l’évangile est il facteur d’ordre ?
En cherchant à intégrer les exclus. Mais l’ordre évangélique fera passer l’individu en fait la personne, avant le groupe.
Un débat intéressant s’engage entre évangile et structures ou lois au sens dispositions structurées. La Loi ne peut prendre en compte l’intention ou mieux la disposition du coeur. Certains aspects de l’évangile ne peuvent pas servir de base à l’expression de la justice sociale. L’exemple des veuves non Juives qui venaient à l’église plus pour être aidées que par conviction et qui se servent de cette “reconnaissance” pour introduire de fausses doctrines et de l’idolâtrie dans l’église est intéressant à analyser.
Ce problème était simplement insoluble par les responsables spirituels qui étaient tentés de leurs refuser l’aide matérielle parce que cela les auraient obligés à les reconnaître spirituellement. Ce problème traité par des hommes non impliqués dans la marche spirituelle de l’église devenait soluble car l’aide n’avait pas la même implication.
Des analyses de ce genre permettent de mieux cerner la problématique de l’Entraide Protestante puisque cet exemple a été cité.
Le même évangile qui nous implique dans l’aide aux autres ne nous autorise pas automatiquement à profiter de cette opportunité pour rendre un témoignage (une annonce) qu’on pourrait qualifié de bon marché.
Les échanges semblent prendre un nouvelle tournure et posent le problème :
Ordre social et positionnement chrétien
La question de base est : puis-je témoigner dans le cadre de structures laïques ? On a parfois des difficultés à le croire.
Pourtant on peut sans peine énoncer : partout où je suis je peux être chrétien.
La valeur de la personne doit primer mais sans oublier Dieu. Ces considérations peuvent aider dans le témoignage auprès des jeunes.
Il n’est pas efficace de regretter que les valeurs qui ont été les nôtres ne sont plus reconnues par les jeunes. D’autres valeurs les ont remplacées. A ces valeurs ou à ces attentes nous devons accorder toute notre attention. L’ordre social que nous connaissons encore, ils n’y croient plus par contre il se fait une prise de conscience qu’ils ont besoin de Dieu : c’est Dieu ou le vide !
Ils aspirent à un cadre et l’absence de repères les inquiètent.
Suffit-il d’invoquer l’obéissance aux autorités ou faut-il aller plus loin et chercher à comprendre à quel moment on se doit de transgresser ; les exemples actuels ne manquent pas, pourtant nous ne sommes peut-être pas capables de donner des réponses claires.
Prendre conscience que l’évangile n’est ni révolutionnaire ni réactionnaire, que c’est la présence du Christ qui en donne le véritable fondement.
Dans la participation à des mouvements de protestation vers quels critères se tourner ?
Critère social, psychosocial ?
Critère religieux ?
Critère scientifique ?
Critère humain, intégrant la vie sentimentale ?
Eglise Evangélique Libre de Valence
39, rue Alphonse Daudet
26000 Valence
Pasteurs :
Jean-Pierre Civelli
André Courtial